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C'est bizarre, tout.
Tout est bizarre. Tout m'étonne. Tout me surprend. Tout m'intrigue. Tout fait de moi une petite fille mi-émerveillée, mi-effrayée. Tout installe dans mes grands yeux noirs des étoiles éphémères. Et si "Tout", ça venait de beaucoup moins ? Et si "Tout", ça venait de ce n'importe quoi, de cette bousculade de sentiments qu'il y a en moi et que je n'arriverais jamais à camoufler ?
Censée écrire une lettre en germain, pour permettre mon séjour dans cette belle contrée. Censée. Mais toujours insensée.

J'ai l'impression que tout bouge, à une vitesse très faible, presque dérisoire, mais que l'on ne peut rien arrêter, rien empêcher. J'ai l'impression que l'image que l'on donnait de nous avant s'effondre peu à peu, pour nous permettre de sortir enfin de cette couverture. Avec cette image, je tombe aussi, de vingt centimètres en vingt centimètres, de façon invisible.
Le printemps est de retour, on est en février. (Forcément que les clémentines sont dégueu.)



