au.ptit.bonheur
La chance ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule.
Lundi 23 janvier 2012 à 22:34
Am Montag, den 23. 1.
Tout ceci a des allures de fin. Fin de la tranquillité, et avec ça, fin de l'hypocrisie générale ?
J'attends que la tornade du troisième descende jusqu'à chez moi. Je n'attendrai peut-être pas longtemps, mais en vérité, seul l'avenir nous le dira. Et chanter. Et trinquer à la santé des plans foireux. Dans la série "habiter avec quelqu'un c'est pas facile". Dans la série "tiens, et si ma coloc manipulait tout le monde pour me faire passer pour une psychopathe", je gagne, n'empêche. Mais je dois dire qu'on fait la paire de cohabitations foireuses, avec mes voisins du dessus.
Je fuis les conflits depuis toujours. Peut-être parce que j'ai trop vu mes parents se déchirer, me dirait ma psy un peu simplette. Peut-être, mais telle n'est pas la question. Je fuis les conflits. Ce qui est parfois une bonne solution, et parfois pas. Comment se faire marcher sur les pieds en dix leçons par Cassandre. D'abord, accepter tout ce qu'on vous demande d'accepter, et aussi ce qu'on ne vous demande pas. Ne jamais vous rebeller. Je ne suis pas faite pour me battre, mais personne n'est fait pour se taire. Et pourtant je me tais. Je me barricade dans le silence, même. Je crois bien que j'ai une naissance d'otite, ce qui n'est pas lié, mais est autrement douloureux.
Grâce aux manigances de ma chère et tendre, je suis en train de perdre Pingouin, qui est un être formidable, et formidablement naïf. Dans la mesure où il était mon soutien le plus efficace depuis septembre, ça devient sérieusement compliqué de tenir debout sur deux jambes. Heureusement que j'ai Jérôme. Manon. Et mes voisins qui vont eux aussi avoir du mal à tenir debout. Rue des Bras Cassés et des Handicapés de la Sociabilité. J'vous jure.
Bon, j'm'en retourne à Maupassant. (C'est lui le titre.)
Publié par au.ptit.bonheur
Mardi 6 décembre 2011 à 17:26
Demain, le début de la catastrophe intersidérale qu'est le concours blanc. Je stresse autant que pour mon bac, c'est dire.
Alors on essaie de voir la vie en couleurs. Le cadeau d'Estelle est un divertissement comme un autre. Noël va être préparé à la dernière minute, comme le reste. Je m'accroche à des riens. J'ai élu domicile au café-crêpes en bas de chez moi. Il y fait chaud, il y fait sourire. En me promenant en ville, dimanche, en entrant par hasard dans une très belle librairie, je me suis aventurée, j'ai jeté partout mes yeux avides de beauté, et j'ai croisé un type de ma classe. Un des nombreux auxquels je n'ai jamais adressé la parole, parce qu'on est soixante poètes maudits égocentriques et vaniteux. J'étais là, avec mon pull de chaperon rouge, mon manteau orange et ma grande écharpe, toute bête, "tiens, T., je lui dis bonjour, je ?". D'abord je l'ai vu avant qu'il ne me voie, je suis allée voir les beaux livres, feuilleter les pavés sur Tomi Ungerer, et puis j'ai tourné les talons, il m'a vue, il m'avait vue avant que nos regards se croisent, il n'avait pas l'air surpris du tout, et il m'a souri. J'ai articulé sans émettre aucun son un misérable mais souriant "Salut". Je me suis sauvée.
Le carnage commence dans quinze heures.
Après, à la fin du stress de dix jours, ça ira mieux. Ce sera les vacances. Jeudi 15, 12h15, VACANCES. Je comaterai un peu, je m'occuperai des cadeaux pour Olga et Lo, et je les attendrai sagement.
Je pense à après. Après le concours blanc, après le concours, après la khâgne. (Ce mot barbare est toujours inconnu de mon correcteur d'orthographe.)
J'ai appelé Anne-Laure hier, juste pour l'entendre dire que les concours blancs, c'est rien. Que la prépa, c'est rien. Que la vie elle est ailleurs. Parce que j'ai la tête plongée là-dedans et ça me fatigue.
On ira voir ça après la géo.
J'ai vu un Saint-Nicolas, d'ailleurs. Devant la cathédrale. J'aime vraiment beaucoup cette ville.
Publié par au.ptit.bonheur
Mercredi 16 novembre 2011 à 18:17
Er existiert ja immer noch. Ich werd' verzweifeln, irgendwie, wenn ich ohne ihn wirklich nicht leben kann.
Aber naja.
C'est déjà Noël à Strasbourg. Les lumières sont installées, s'allument de temps à autre. Le sapin, monté depuis deux semaines sur la place Kléber, commence à se parer de son bel habit d'hiver, les vitrines s'enneigent, les ours en peluche sortent leurs museaux. Je rentre le mien dans mes grandes écharpes. Il fait froid. La patinoire se construit petit à petit place du Château, les chalets, un peu partout, envahissent les espaces vides. Un immense faux bonhomme en pain d'épices est accroché sur la façade de la maison du tourisme (ou quelque chose du même acabit.). C'est Noël. J'attends la neige. J'attends les prochaines vacances et l'arrivée de mes soeurs à la gare. J'ai le coeur en papillote. Magie.
Le reste, je m'en balance. (dit-elle) Faisons semblant. M. planifie un prochain Glühwein, les Mannele sont déjà chez tous les boulangers, les Christstollen et autres Lebkuchen au Simply. Parfois, j'aime ce pays de dingues.
(Et j'adore aller me promener au bord du Rhin, là-haut, avec lui.)
Publié par au.ptit.bonheur
Jeudi 20 octobre 2011 à 0:32
"(Après sept ans de malheurs
Elle brisa son miroir.)"
(Ponge, "Fable")
I DID IT.
Il n'existe plus.
Quand Anne-Laure a tout bazardé, après l'emménagement avec Olivier, je lui en ai voulu. Je n'ai pas compris ce geste, d'ailleurs. Je voyais bien qu'en jetant tous les objets qui avaient meublé notre maison, qui avaient meublé notre quotidien pendant si longtemps, elle jetait le souvenir de mon père. Elle s'en débarrassait.
C'était simple à comprendre. Mais j'ai toujours cru à une possible alternative. Je me suis toujours demandé s'il n'y avait pas d'autres moyens, pour vivre à nouveau. S'il n'était pas plus sage d'apprivoiser ses souvenirs, de les accepter, de les regarder avec respect, en se disant : ce qui est vécu est passé, il y a eu des bons moments, et d'autres monstrueux, mais bon, je peux vivre en les gardant dans un coin de ma mémoire. Je méprisais Anne-Laure, je l'avoue. Je trouvais ça lâche, je trouvais ça nul, d'être incapable de faire face à son passé avec mon père.
C'était avant aujourd'hui. J'ai effacé tous nos mails, tous nos sms. Il n'existe plus ni dans ma liste de contacts mails, ni dans mon répertoire de téléphone. J'ai jeté les mots qu'on s'écrivait en cours l'an dernier.
Alors je comprends Anne-Laure. Parfois un grand feu de joie est nécessaire pour passer à autre chose. Parfois les souvenirs sont plus forts que nous. Parfois mots et objets se liguent contre nous et nous attaquent traîtreusement, alors qu'on ne s'y attend pas, à des moments banals. Alors se battre contre ce qui nous fait souffrir, essayer de garder la tête haute, ça signifie les faire disparaître. Et ce feu de joie est une preuve d'une véritable volonté d'aller de l'avant, bien plus que d'une quelconque lâcheté. Au contraire, tout rejeter en bloc, c'est une force. C'est se dire : il est temps de changer de vie, de commencer autre chose, sans le poids de ce passé qui refusait, justement, de n'appartenir qu'au passé. TU N'APPARTIENS QU'AU PASSÉ. TU M'AS ASSEZ FAIT SOUFFRIR, J'AI LE DROIT DE TOURNER LA PAGE, D'ESPÉRER AUTRE CHOSE. DE VIVRE.
Anne-Laure, je te prie de m'excuser. C'est mon tour de vider mes greniers, mes malles pleines de tout ce que je traîne. Sept ans de malheurs. J'ai brisé le miroir. Dans quelques temps, j'espère me réconcilier avec mes souvenirs, pouvoir repenser à lui sans trop de rancoeur... Mais pour l'instant je dois quitter tout cet univers poussiéreux. Je dois le quitter.
Je viens de trouver LA chanson. La Colère, Barbara.
Publié par au.ptit.bonheur
Mardi 18 octobre 2011 à 18:04
Et me revoilà au même point. Monsieur avance de cinq pas, s'immobilise, et recule de dix. Dort chez moi comme au bon vieux temps, m'invite même chez lui, et disparaît. Enfin arrête soudain de me donner signe de vie. Heureusement que d'autres en ont et font semblant de ne pas comprendre le problème. Comment ça, disparu ? Ah non, on a parlé toute la soirée hier, j'vois pas ce que tu veux dire. Bien. Répondre à mes mails et à mes appels doit être juste trop compliqué. Tout va très bien, madame la marquise. Monsieur le cyclothymique est de retour, pas de quoi s'affoler.
Et puis de quoi tu t'plains, tu sais bien à quoi t'attendre quand tu l'invites comme ça. Tu sais bien qu'il repartira le lendemain et te laissera seule dans le silence avec tes espoirs et tes doutes, jusqu'à ce que tu prennes la décision de passer à autre chose. Tu sais bien qu'à ce moment-là, comme s'il pressentait quelque part qu'il était sur le point de te perdre, il réapparaitra et te renverra ces messages pleins de tendresse et de bienveillance, qui te laissent perplexe ou te font rêver, selon les jours. Pour faire de nouveau flancher ton coeur d'artichaut, pour te redonner matière à espérer. L'histoire est jouée d'avance, si tu n'arrives pas toi-même à sortir de ce cercle vicieux, tu y crèveras. Il est bien trop content de te savoir à ses pieds. Tu sais que tu es responsable de tout ça, et que jouer la victime (comme J. le fait si bien, par exemple) n'a aucun sens et ne t'apportera rien d'autre que la paralysie.
Bouge.
Publié par au.ptit.bonheur


